Sarah Lasry

LES 7 JOURS LES PLUS LONGS DE MA VIE
Écrit et interprété par Judith Zins
Mise en scène de Sarah Lasry
Création musicale de Pierre Cohen
Création lumières de Karl Ludwig Francisco
Régie : Octave Gérard et Camio George
Compagnie Za'atar
Tous les mardis à 19h30 du 7 octobre 2025 au 24 mars 2026
à La Nouvelle Seine
Durée : 1h



Dans ce seule-en-scène tendre et bouleversant, Judith Zins raconte les sept premiers jours de la vie de sa fille. Ce récit poétique d’une grande maîtrise retrace un véritable marathon d’imprévus où rien, absolument rien, ne s’est déroulé comme prévu. Avec un humour délicat et son sens du décalage, elle tisse une épopée intime et universelle. Entre autodérision et émotions à fleur de peau, l’artiste explore les thèmes de la transmission, de la maternité et de l’amour. C’est une véritable course effrénée pour la vie, profondément humaine, qui touche en plein cœur.
PRESSE
Théâtre : Maternité, anxiété et humour juif
Pantalon à fleurs pattes d’éléphant, t‑shirt orange moulant, phrasé incisif, Judith Zins illumine la Nouvelle Seine avec Les 7 jours les plus longs de ma vie, un texte percutant sur la maternité, ses douleurs et ses espérances, sur fond d’anxiété et d’humour juif. Si vous cherchez un cadeau pour Noël, Hanouka, ou bien l’anniversaire de votre mère, ne cherchez plus : il est devant vous.
Publié le 11 décembre 2025
Elle tangue, Judith, comme la péniche‐théâtre où les spectateurs sont venus l’écouter. D’emblée, la comédienne amorce ce qui sera le fil rouge de ce seule en scène : la vie, ses contradictions, et le besoin viscéral d’en rire. « Je suis hantée par la catastrophe, c’est-à-dire que j'imagine toujours le pire scénario, et pourtant j’ai choisi d’accoucher dans une maternité de niveau 1″, lance‐t‐elle au public. Les 7 jours les plus longs de ma vie narre les jours qui ont suivi la naissance de sa fille, Paula, atteinte d’une détresse respiratoire, séparée de ses parents à la naissance pour être hospitalisée loin, trop loin, de la maternité initialement choisie par Judith. Dans ce texte finement écrit, mis en scène par Sarah Lasry, l’humour juif est partout, doux‐amer comme un cornichon malossol, voguant du rire aux larmes, dans une grande liberté de ton, sûrement la clé pour dépasser ce traumatisme.
Le destin de son arrière‐grand‐père Charles Zins, de son vrai prénom Chaïa, exécuté par les nazis, est convoqué, autant que le questionnement autour de son identité juive. La famille – celle passée et celle à naître – prennent place sur les planches et dans le corps de Judith. Que transmettra‐t‐elle à Paula de ses angoisses ? Elle raconte ses pleurs lorsque l’auxiliaire de puériculture de la crèche lui confie que son enfant est « vraiment sereine ». Telle mère, n’est pas telle fille finalement.
Sarah Lasry, la metteuse en scène, explique avoir pensé l’espace scénique à partir des liens entre la maternité et l’histoire juive ashkénaze de Judith. « On a voulu jouer avec l’image de la valise sur scène ; car la valise de maternité agit aussi comme le symbole de la valise du Juif nomade, auquel Judith et moi nous identifions toutes les deux, avec cette idée de transporter toute sa vie dans une valise en permanence, d’être toujours en mouvement. Je voulais une certaine épure, un plateau à nu, avec juste cette valise et un micro, pour permettre à Judith de travailler sur plusieurs nuances dans la voix, les personnages, les moments qu’elle traverse. Je suis inspirée par le théâtre expérimental new-yorkais des années soixante-dix et j’aime pouvoir jouer avec différents niveaux de lecture. »
Le spectacle a été nourri par la rencontre entre les deux femmes, leur recherche en miroir sur la famille de Judith. « Il y a eu notamment dans l’écriture un moment très fort où Sarah nous a interviewés, mon père et moi, chez elle. C’est à partir de cet entretien que j’ai pu écrire le passage sur les prénoms des membres de ma famille ainsi que celui des blessures que je sens sous ma peau mais qui ne m’appartiennent pas vraiment », explique Judith.